Test de l’audioguide du musée du Louvre sur Nintendo 3DS

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Le musée du Louvre a récemment changé ses audioguides pour les remplacer par un programme plus complet et plus ludique, offrant de nouvelles possibilités sur console Nintendo 3DS.
Avec notre joyeux groupe de #museogeeks emmené par Omer Pesquer nous avons eu la possibilité de tester dernièrement le dispositif (un grand merci à Anaïs Muré et Matthieu Canto du musée du Louvre).
Je relate ici ma propre expérience et vous fais mon retour en tant que visiteur (adulte, parlant français) qui sera j’en suis sûre complétée par mes collègues #museogeeks.

Premièrement, d’un point de vue purement pratique, il vous faudra vous acquitter de la somme de 5€, 1€ moins cher que l’ancienne version (3 € pour les – de 18 ans, handicapés…) , en plus du billet d’entrée.
Les consoles sont équipées d’une sangle de port, très pratique pour laisser pendre l’audioguide lors des déplacements dans le musée, évitant ainsi d’avoir le dispositif dans les mains en permanence. Un casque vous est naturellement fourni avec l’appareil mais vous pouvez utiliser votre propre casque de smartphone, ce qui est, je trouve, bien plus hygiénique.

Les parcours proposés
Après quelques petits réglages de profil (langues, adultes, enfants, personnes handicapées…) et la prise de connaissance d’un petit tutoriel d’introduction à la manipulation de la console (que vous pouvez ou non écouter), vous avez le choix de suivre plusieurs types de parcours :
– Carte des commentaires (permettant de visiter librement le musée avec plan à l’appui)
– Parcours chefs-d’œuvre
– Les incontournables
– L’exposition temporaire (en fonction de la programmation)

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En fonction de votre choix, l’audioguide prend alors la main et vous conduit aux salles et œuvres figurant sur le parcours choisi.

Parmi les nouveautés affichées par le nouvel audioguide, celle qui me semble la plus intéressante est la géolocalisation. En effet, vous oubliez le guide et le parcours proposé pour vous concentrer sur le musée, les œuvres, vous frayer un chemin parmi les autres visiteurs et quand cela est nécessaire, vous reprenez le guide qui va reconnaître votre position et vous proposer des commentaires sur les œuvres aux alentours.
Vous avez aussi la possibilité de changer de mode de parcours en cours de route, de chercher une œuvre particulière parmi une sélection et le guide se reconfigure pour vous montrer le chemin et vous accompagner jusqu’à l’œuvre en question.
Enfin, vous retrouvez également le système classique de numéro associé à l’oeuvre que vous pouvez entrer au moyen du clavier tactile.
Les possibilités d’utilisation de l’audioguide sont assez vastes et permettent à mon sens de satisfaire une grande majorité des publics en fonction de leurs habitudes d’usage.

Ergonomie et utilisation
En ce qui concerne la maniabilité de la console, je suis un peu plus partagée. Le choix de la Nintendo 3DS par le musée du Louvre a été notamment motivé par l’usage intuitif de son interface et par sa popularité dans les milieux familiaux, ce qui tend à éviter les tâtonnements dus à la méconnaissance du dispositif.
Pour ma part c’est raté ! Car je ne possède pas de Nintendo 3DS et n’en fais pas usage régulièrement. Je suis beaucoup plus familière avec les surfaces tactiles et multitouch (smartphones, tablettes…). Aussi, la prise en main et l’utilisation des différents boutons m’a pris un peu de temps. J’ai naturellement préféré l’usage de l’écran tactile à celle du pavé directionnel ou des boutons de validation des choix par exemple.
Du fait d’ailleurs de la possibilité de double commande (tactile et boutons) j’ai parfois été un peu perdue. L’endroit où appuyer pour avoir tel effet ne m’a pas paru très naturel. La petitesse de certains boutons sur l’écran ne facilite pas non plus les choses.
Je me suis retrouvée à de nombreuses reprises hors de la zone de la carte où je me situais car je n’avais sans doute pas appuyé sur le bon bouton !
Dans la plupart des cas c’est la géolocalisation (ou un de mes collègues museogeeks) qui est venu à mon secours pour me permettre de retrouver le contenu qui m’intéressait. Là se pose encore la question de la médiation humaine autour de la mise en place de dispositifs technologiques dans les musées.
Cependant, le design des interfaces est bien réalisé et approprié à ce type de support. Faire cohabiter plusieurs niveaux de plan, des icônes d’œuvres, du texte et des boutons d’action n’est pas chose aisée sur un écran de 3,5 pouces et constituent de réelles contraintes en terme d’ergonomie et de design.
Aussi, en raison des nombreuses contraintes posées tant par le musée que par le support choisi, cette « première » version me semble assez réussie.
En revanche, je reste dubitative quant à l’usage fait par les visiteurs et notamment les familles. Cet outil va-t-il réellement améliorer le confort de visite par rapport à l’ancien audioguide ? La prise en main ne restera-t-elle pas compliquée pour une grande majorité du public ou au contraire les retours d’usage vont-ils souligner l’aspect intuitif avancé pour le choix de cette console ?
Le jeune public sera sans doute plus séduit par ce type d’audioguide, assez familier pour eux, sans oublier l’ajout de la 3D qui vient renforcer le côté ludique et attractif.

La plus-value technologique
En plus de la présence de la géolocalisation, d’autres atouts du numérique viennent s’ajouter à cet audioguide comme notamment la 3D et la fonction zoom de visualisation des  œuvres.
Cette dernière est déjà fréquemment utilisée sur les smartphones et tablettes mais reste très utile spécialement dans un musée très fréquenté comme le Louvre, où l’accès à certaines œuvres peut être compliqué par l’affluence des visiteurs. Le zoom n’est pas réellement impressionnant comme dans le cas des « chefs d’œuvres du Prado » sur Google Earth mais reste néanmoins satisfaisant pour un visiteur souhaitant regarder de plus près un tableau.
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En ce qui concerne la 3D, je reste une nouvelle fois assez réservée et préfère évaluer son usage dans une perspective ludique destinée prioritairement à séduire le jeune public.
Si l’on compare la qualité technique et graphique de la 3D présentée sur l’audioguide avec d’autres exemples provenant du milieu culturel ont est très en deçà de ce qui ce fait par ailleurs sur des consoles de jeux ou des smartphones.
Si on aborde la question de l’apport de la technologie 3D dans le cadre de la médiation culturelle, il me semble que la manière dont elle est proposée sur cette version n’apporte pas plus d’éclairage et n’est pas réellement nécessaire. Je conçois que dans le cas de la Victoire de Samothrace il peut-être intéressant d’obtenir un point de vue différent de celui que l’on a en tant de visiteur mais cela ne nécessite pas l’usage de la 3D. Des vues en HD de la sculpture sous différents angles pourraient suffire.
Dans le cas d’une visite d’un site archéologique ou d’un monument disparu ou semi-disparu, d’une aide à la médiation permettant aux visiteurs de mieux appréhender des objets ou œuvres incomplètes par exemple, la 3D serait particulièrement appropriée apportant un regard nouveau que d’autres moyens de médiation ne pourraient offrir.
Je me permettrai donc de considérer l’ajout de cette fonctionnalité 3D plus comme un attrait ludique permettant aussi de toucher plus largement les publics.

En conclusion, ce nouvel audioguide présente de nouvelles fonctionnalités intéressantes, comme la géolocalisation, qui seront sans doute un grand plus pour la visite. Le choix de la console de jeux Nintendo 3DS apporte un aspect ludique et attractif pour un public jeune tout en conservant la trame de fond d’un audioguide de qualité proposant des contenus intéressants et complets. Le fait de proposer à l’écoute des commentaires de conservateurs ou de guide-conférenciers enregistrés dans les salles apporte un côté plus authentique et bien moins rébarbatif et lassant que la plupart des audioguides. La segmentation des « parcours » permet d’orienter au mieux notre visite en fonction de nos attentes et du temps disponible. Les parcours invitent aussi le visiteur à revenir afin de réaliser ceux qu’il n’aurait pas eu le temps d’effectuer. La prise en main ne reste cependant pas forcément évidente pour tout le monde mais fait partie des nombreuses problématiques liées à l’introduction et l’usage d’un appareil technologique dans un musée. L’usage de certaines fonctionnalités techniques comme la 3D ou l’effet stéréoscopique me semble dans ce cas plutôt accessoire et « gadget ».
Le mieux reste encore de le tester soi-même afin de se faire sa propre idée. Tous les retours nous intéressent ! N’hésitez pas à nous les faire parvenir via les communautés de #museogeeks.

Plus d’images sur Flickr http://www.flickr.com/photos/adefretin/sets/72157630064976840/with/7159461175/

Communauté Muzeonum

Consulter l’article de Gonzague Gauthier sur Véculture

Audrey Defretin
@audreydg

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