The National Museum of Crime and Punishment

Le « National Museum of Crime and Punishment » de Washington a ouvert ses portes en mai 2008. Il propose au public de découvrir l’évolution du crime et des pensées criminelles à travers les âges. Le parcours se déroule de manière chronologique, en commençant par les chevaliers médiévaux et les pirates, en passant par les gangsters de l’Ouest américain pour enfin finir par les criminels qui agissent, de nos jours, en silence, piratant des données informatiques et volant des identités.

national museum of crime and punishment

Le musée expose sur trois étages environ 400 objets, dont la Ford rouge du plus célèbre braqueur de banques, John Dillinger, ou encore le mythique véhicule criblé de balles de Bonnie and Clyde.

Un étage entier est également consacré aux forces de l’ordre, présentant «les outils» des policiers: des diverses matraques aux tasers.

La grande particularité de ce musée est d’offrir aux visiteurs de nombreuses installations multimédia, dont la plus part sont interactives, les immergeant dans l’ambiance du sujet.

Ainsi, tour à tour, les visiteurs se livrent à l’expérience, de passer au détecteur de mensonge, de s’évader d’une cellule, d’entrer dans la peau d’un suspect et de passer à l’identification, de s’exercer comme un agent du FBI sur un simulateur d’entraînement au tir, de s’essayer à l’ouverture d’un coffre, de pratiquer une autopsie sur un mannequin contusionné, ou encore se livrer à une chasse à l’homme à haute vitesse dans une voiture de police. La liste reste encore longue de toutes les attractions qu’offre ce musée qui multiplie les efforts pour séduire un public qui doit quand même s’acquitter d’un doit d’entrée de 18 $ pour les adultes et 15$ pour les enfants.

Le co-fondateur de ce musée privé, John Morgan, qui possède également les parcs d’attractions WonderWorks en Floride et au Tennessee, a expliqué que l’idée de fonder un musée sur le crime et le châtiment lui est venue, il y a cinq ans, alors qu’il visitait la notoire ex-prison fédérale de l’île d’Alcatraz, dans la baie de San Francisco.
Il voulait raconter l’histoire du crime et du châtiment de la nation américaine.
« Nous, en tant qu’Américains, en tant que peuple, nous avons une très profonde fascination pour le crime et le châtiment, a-t-il raconté. C’est la curiosité. C’est l’inconnu. »

« Je crois qu’à la fin de la journée, les visiteurs comprendront qu’ils doivent être responsables de leurs actions, qu’il y a des conséquences à leurs actions et que le crime ne paie pas », a-t-il dit. Propos tiré de La Presse Canadienne, 2008.

On ne peut pas encore quantifier et évaluer les retours des visiteurs sur ce nouveau musée mais on peut déjà lire quelques critiques postées sur différents forums et blogs qui qualifient le musée d’amusant car interactif mais à la fois d’effrayant de par la nature des objets exposés (des armes, des effets personnels ayant appartenu à de grands bandits, les listes des châtiments infligés comme le clouage d’oreille, une véritable chaise électrique, une table d’injection mortelle ou encore une chambre à gaz reconstitué…).Les réserves émises proviennent plutôt d’un public d’étrangers. Mais ce qui émerge le plus souvent est le rapprochement fait avec un parc d’attraction.

Visite assistée par ordinateur

Nous sommes donc en droit de poser la question de la sur-technologisation d’un parcours de visite. Il est en effet intéressant de proposer au public des expériences inédites, interactives, où le visiteur ne reste pas qu’un simple spectateur, mais devient « acteur » de sa propre visite. Cependant si la scénographie devient une succession de jeux et de mises en situation, ne doit-on pas craindre une mutation de la notion d’exposition et ne devrions-nous pas parler plus simplement de parc à thèmes ?

Cependant il faut bien noter, qu’il s’agit d’un musée dit de « société » pour lequel l’intention de départ est bien définie par John Morgan :

« Dans la plupart des musées, vous marchez, vous lisez, vous marchez et vous lisez. Ici, vous marchez, vous lisez et vous faites, vous faites et vous faites. Je crois que c’est ce qui nous distinguera des autres attractions. » La Presse Canadienne, 2008

L’immersion et la participation du public sont des notions importantes à appliquer dans un projet d’exposition, tout en gardant à l’esprit que l’on donne avant tout à voir des « objets » ou des « œuvres » en restituant leur histoire, leur contexte d’origine.

Vidéo

Arrivée de la voiture de Bonnie and Clyde au musée

Reportage de abc news

http://abcnews.go.com/Video/playerIndex?id=4931252

Reportage de CNN

http://edition.cnn.com/video/?/video/crime/2008/05/29/meserve.crime.museum.cnn

Quelques images du musée et des installations multimédias

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