Exposition « Perles une histoire naturelle »

Exposition présentée du 25 octobre 2007 au 10 mars 2008

affiche de l’expo

Muséum national d’Histoire Naturelle
Jardin des Plantes
57, rue Cuvier
75005 Paris
http://www.mnhn.fr/

Plongé au coeur d’une scénographie immersive, le visiteur est invité à découvrir à travers neuf thématiques, l’histoire fascinante de la naissance d’une perle jusqu’à sa transformation en objet d’art. Comment se forment les perles? Où trouver les animaux qui les fabriquent ? Toutes ces questions sont abordées y compris les applications thérapeutiques possibles grâce à la nacre utilisée comme biomatériau de régénération osseuse. Au total, plus d’un millier d’objets sont présentés dont 300 bijoux et œuvres d’art, 150 originaux prêtés exclusivement, et notamment une cinquantaine de pièces issues de collections particulières, pour accompagner magnifiquement le discours scientifique.

L’exposition est ponctué de nombreuses installations multimédias. Au début du parcours, un écran présente une œuvre numérique où deux personnes nagent de bas en haut, puis de haut en bas. La technique utilisée donne une impression de profondeur répercutant l’image des nageurs au sol et sur les murs de la pièce. De nombreux écrans de télévision proposent de courts reportages donnant aux visiteurs quelques informations supplémentaires et surtout permettant une mise en contexte de l’élément exposé dans son environnement d’origine. La plupart des reportages sont proposés sans le son pour ne pas interférer avec l’ambiance sonore diffusée dans l’exposition. Les images, seules, suffisent largement à une compréhension globale du sens. De petits écrans sont directement intégrés dans les vitrines. Ce mode de présentation est intéressant car il cible plus directement l’objet illustré. Une rotonde centrale propose 2 bornes tactiles donnant des informations précises sur chaque type d’espèce, en regard d’un grand tableau lumineux où l’on retrouve une sorte d’arbre généalogique des espèces. Ce type de système multimédia prend en compte la dimension collective. En effet, il est possible pour plusieurs personnes de consulter à la fois les bornes et le tableau. L’exposition se termine par la projection d’un film documentaire sur les travaux de recherche menés par les scientifiques sur les propriétés thérapeutique de la nacre.

Le multimédia dans les expositions : quelle interactivité ?

Les dispositifs multimédias utilisés dans cette exposition ne sont pas construits sur le mode de l’interactivité à l’exception de la borne tactile qui permet simplement de choisir des informations à l’aide du doigt. Globalement, les écrans qui proposent des vidéos sont plus utilisés par les visiteurs que les bornes tactiles. Ceux qui regardent le film restent en moyenne pendant toute la durée de projection qui est d’environ 3 min. Ceux qui s’arrêtent devant les bornes appuient 2 ou 3 fois sur l’écran puis s’en vont (la durée de consultation n’excède pas 2min). En nous appuyant sur cet exemple nous sommes en droit de nous poser la question de savoir si les dispositifs multimédias présents dans les expositions doivent nécessairement être interactifs ?

L’exposition « Perles une histoire naturelle » est bien construite. Elle propose aux visiteurs une scénographie immersive agréable, les écrans sont bien intégrés dans l’espace et ne nuisent pas à la compréhension globale. Les dispositifs multimédias étaient ici utilisés comme illustration des propos scientifiques mais ne cherchaient pas à devenir des zones d’expérimentation. Le visiteur s’appuie sur ce qui lui est proposé comme contenu multimédia pour mieux comprendre certains détails et reste concentré sur le discours de l’exposition. Il se trouve dans une position de spectateur tout au long de l’exposition et ne devient pas vraiment acteur du propos. Il reçoit mais ne construit pas ou ne produit pas de sens. Selon les typologies d’expositions : scientifiques, artistiques, archéologiques… les modes de mise en exposition diffèrent. Le multimédia doit servir le propos de l’exposition et non l’inverse. Aussi il est important de pourvoir évaluer clairement les besoins des visiteurs face à tel ou tel sujet. Un dispositif multimédia complexe ou à forte interactivité peut alors être considéré comme une œuvre à part entière. Il faut donc être vigilant quant à sont positionnement au sein du parcours et son rôle dans la transmission de l’information vers les visiteurs. Que doivent-ils retenir ? Une prouesse technologique ou une expérience culturelle augmentée ?

Communiqué de presse

Site de l’exposition

Audrey Defretin

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