The National Museum of Crime and Punishment

novembre 10, 2008

Le « National Museum of Crime and Punishment » de Washington a ouvert ses portes en mai 2008. Il propose au public de découvrir l’évolution du crime et des pensées criminelles à travers les âges. Le parcours se déroule de manière chronologique, en commençant par les chevaliers médiévaux et les pirates, en passant par les gangsters de l’Ouest américain pour enfin finir par les criminels qui agissent, de nos jours, en silence, piratant des données informatiques et volant des identités.

national museum of crime and punishment

Le musée expose sur trois étages environ 400 objets, dont la Ford rouge du plus célèbre braqueur de banques, John Dillinger, ou encore le mythique véhicule criblé de balles de Bonnie and Clyde.

Un étage entier est également consacré aux forces de l’ordre, présentant «les outils» des policiers: des diverses matraques aux tasers.

La grande particularité de ce musée est d’offrir aux visiteurs de nombreuses installations multimédia, dont la plus part sont interactives, les immergeant dans l’ambiance du sujet.

Ainsi, tour à tour, les visiteurs se livrent à l’expérience, de passer au détecteur de mensonge, de s’évader d’une cellule, d’entrer dans la peau d’un suspect et de passer à l’identification, de s’exercer comme un agent du FBI sur un simulateur d’entraînement au tir, de s’essayer à l’ouverture d’un coffre, de pratiquer une autopsie sur un mannequin contusionné, ou encore se livrer à une chasse à l’homme à haute vitesse dans une voiture de police. La liste reste encore longue de toutes les attractions qu’offre ce musée qui multiplie les efforts pour séduire un public qui doit quand même s’acquitter d’un doit d’entrée de 18 $ pour les adultes et 15$ pour les enfants.

Le co-fondateur de ce musée privé, John Morgan, qui possède également les parcs d’attractions WonderWorks en Floride et au Tennessee, a expliqué que l’idée de fonder un musée sur le crime et le châtiment lui est venue, il y a cinq ans, alors qu’il visitait la notoire ex-prison fédérale de l’île d’Alcatraz, dans la baie de San Francisco.
Il voulait raconter l’histoire du crime et du châtiment de la nation américaine.
“Nous, en tant qu’Américains, en tant que peuple, nous avons une très profonde fascination pour le crime et le châtiment, a-t-il raconté. C’est la curiosité. C’est l’inconnu.”

“Je crois qu’à la fin de la journée, les visiteurs comprendront qu’ils doivent être responsables de leurs actions, qu’il y a des conséquences à leurs actions et que le crime ne paie pas”, a-t-il dit. Propos tiré de La Presse Canadienne, 2008.

On ne peut pas encore quantifier et évaluer les retours des visiteurs sur ce nouveau musée mais on peut déjà lire quelques critiques postées sur différents forums et blogs qui qualifient le musée d’amusant car interactif mais à la fois d’effrayant de par la nature des objets exposés (des armes, des effets personnels ayant appartenu à de grands bandits, les listes des châtiments infligés comme le clouage d’oreille, une véritable chaise électrique, une table d’injection mortelle ou encore une chambre à gaz reconstitué…).Les réserves émises proviennent plutôt d’un public d’étrangers. Mais ce qui émerge le plus souvent est le rapprochement fait avec un parc d’attraction.

Visite assistée par ordinateur

Nous sommes donc en droit de poser la question de la sur-technologisation d’un parcours de visite. Il est en effet intéressant de proposer au public des expériences inédites, interactives, où le visiteur ne reste pas qu’un simple spectateur, mais devient « acteur » de sa propre visite. Cependant si la scénographie devient une succession de jeux et de mises en situation, ne doit-on pas craindre une mutation de la notion d’exposition et ne devrions-nous pas parler plus simplement de parc à thèmes ?

Cependant il faut bien noter, qu’il s’agit d’un musée dit de « société » pour lequel l’intention de départ est bien définie par John Morgan :

“Dans la plupart des musées, vous marchez, vous lisez, vous marchez et vous lisez. Ici, vous marchez, vous lisez et vous faites, vous faites et vous faites. Je crois que c’est ce qui nous distinguera des autres attractions.” La Presse Canadienne, 2008

L’immersion et la participation du public sont des notions importantes à appliquer dans un projet d’exposition, tout en gardant à l’esprit que l’on donne avant tout à voir des « objets » ou des « œuvres » en restituant leur histoire, leur contexte d’origine.

Vidéo

Arrivée de la voiture de Bonnie and Clyde au musée

Reportage de abc news

http://abcnews.go.com/Video/playerIndex?id=4931252

Reportage de CNN

http://edition.cnn.com/video/?/video/crime/2008/05/29/meserve.crime.museum.cnn

Quelques images du musée et des installations multimédias


Séminaire Antroponet: des outils de diffusion de la recherche – 9 et 10 octobre 2008

octobre 13, 2008

Les objectifs du projet Anthroponet, soutenu par le TGE Adonis et pas la Mission de la Recherche et de la Technologie du ministère de la Culture et de la Communication, sont de fédérer des outils informatiques et des pratiques pour organiser, conserver et diffuser des corpus et des ressources numériques, issus de la recherche en sciences humaines et sociales, en vue de :

  • valoriser des résultats de la recherche
  • l’édition électronique et les échanges entre professionnels et amateurs,
  • la conception et la réalisation de productions numériques multimédias,
  • la médiation culturelle dans les expositions et les musées de société.

Voir intervention de Jean-Pierre Dalbera et Elisabeth Caillet

http://www.slideo.com/article.php?id=989

Le deuxième séminaire Antroponet s’est tenu les jeudi 9 et vendredi 10 octobre au Muséum d’Histoire Naturelle, sous la thématique : « des outils de diffusion de la recherche ». Ce séminaire a tenté d’analyser les modes de travail des chercheurs et de leurs « médiateurs » en ligne afin de préciser les fonctionnalités à mettre à leur service sur le site d’Anthroponet.

De nombreuses expériences en matière de conception d’expositions virtuelles (le cas du MuCEM avec l’usage des systèmes de gestion de contenus open sources), d’outils d’annotation de séquences vidéos et sonores (le projet Lignes de temps conçu par l’IRI), de connaissance du public (par Jean-François Rebeyrotte), de valorisation des archives sonores (avec le projet Telemeta), ont été présentées pendant la journée de vendredi.

Nous avons également assisté à des présentations de création d’expositions et de mondes virtuels utilisant principalement la 3D Temps réel.

Le projet KidNet, présenté par Stéphane Gaultier de la société 3d2plus, propose un environnement virtuel en full 3D où le public jeune peut visiter une exposition virtuelle, accéder à des sites web afin d’approfondir leurs connaissances, regarder des vidéos, accéder à leur espace personnel « chambre » qui leur permet de publier des informations de la même manière que sur un Blog, discuter (chatter) avec leurs amis et aussi avec des animateurs présents dans ce monde virtuel pour les accompagner.

La technologie utilisée pour la création de cet environnement est Stonetrip http://www.stonetrip.com/

Natacha Quester-Séméon et Jean-Rémi Deleage de la société I-Marginal (société de création de contenus et de contenants : sites Web éducatifs et culturels, blogs, Second Life, podcasts, reportages, réseaux sociaux, consulting…) nous ont présenté une sélection de lieux culturels, de monuments, de musées et d’évènements présents dans Second Life. SL est un univers 3D qui évolue grâce à la contribution de ses résidents. On se rend compte aujourd’hui que de nombreux lieux et évènements culturels sont représentés. La technologie permet notamment de suivre des conférences qui auraient lieu dans le monde réel avec son avatar en simultané dans SL. Voir également l’article précédemment écrit sur les lieux culturels dans Second Life.

Le troisième séminaire sera organisé très bientôt par Elisabeth Caillet du Musée de l’Homme.