“Innovations numériques dans les institutions culturelles”, interview de Jean-Pierre Dalbéra, ministère de la culture et de la communication / direction des musées de France et musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée : MuCEM
Le site de la Bibliothèque numérique mondiale de l’UNESCO a été lancé officiellement hier, mardi 21 avril 2009. Ce projet datant de 2005, permet au public d’accéder gratuitement aux trésors des grandes bibliothèques internationales. Le site compte près de 1200 objets référencés.
On accède aux documents depuis une interface, claire, qui propose plusieurs systèmes de navigation. On peut décider de consulter les références par pays, de choisir de filtrer l’information selon le lieu, la période, le thème, le type d’élément (livres, manuscrits, revues, cartes…), l’institution ou bien en se servant directement du moteur de recherche. Un filtre chronologique peut également être appliqué en bas de l’écran, agissant directement sur les icônes présentées sur la planisphère. L’intégralité du contenu du site est accessible en 7 langues.
Des pièces exceptionnelles sont ainsi à la portée de tous comme le “Dit de Genji”, un joyau de la littérature Japonaise du XIe siècle considéré comme l’un des romans les plus ancien du monde, des recueils de travaux de recherche archéologique menés en Egypte pendant l’expédition de l’armée française entre 1821 et 1829, provenant de la Bibliothèque d’Alexandrie ou encore la première carte mentionnant l’Amérique datant de 1507. On peut ainsi zoomer sur les manuscrits, les cartes et apprécier des détails qui seraient hors de portés lors d’une exposition publique par exemple.
Le travail de collecte, de numérisation et de traitement de ces documents représente une avancée très importante en matière de conservation et de diffusion du patrimoine culturel mondial. la généralisation de ce type d’initiatives permettrait de préserver des millions de documents de la destruction et de permettre au public de découvrir ces richesses souvent difficiles à consulter car trop fragiles. La BNM permet également aux internautes de voyager dans le patrimoine culturel de chaque pays, de découvrir des cultures, de s’enrichir, de s’émerveiller.
L’ambition de la BNM est de rassembler une soixantaine de pays partenaires d’ici la fin 2009 qui viendraient s’ajouter aux 19 déjà présents à l’ouverture. http://www.wdl.org/fr/
Emission des Racines et des Ailes, France 3, extrait du site A-B. Pimpaud
Aujourd’hui s’ouvre la nouvelle exposition de la crypte archéologique du parvis de Notre-Dame: “Les grands monuments de Lutèce, premier projet urbain de Paris“.
Les visiteurs sont invités à découvrir et explorer les monuments emblématiques de Lutèce: le forum, les thermes, l’amphitéâtre… Un travail long et documenté réalisé par des spécialistes, chercheurs, archéologues et infographistes 3D a permis aujourd’hui de restituer ces monuments disparus en 3 dimensions. Les visiteurs peuvent ainsi comparer la ville antique et la capitale contemporaine et prendre conscience de l’héritage laissé.
Un reportage est consacré à cette exposition, mercredi 21 janvier 2009 dans le magasine des Racines et des Ailes sur France 3.
extrait du tableau la descente de croix de van der Weyden
Google en association avec le musée du Prado proposent aux internautes, depuis le 13 janvier 2009, de découvrir ou de redécouvrir en très haute résolution 14 chefs d’œuvres issus des collections permanentes du musée. Aussi, les visiteurs virtuels peuvent observer de près et passer à la loupe, le jardin des Délices de Bosh, les Ménines de Velasquez, les Trois Grâces de Rubens, La descente de croix de van der Weyden…
Le virtuel propose ici une alternative à la consultation des œuvres en salle. A cause de la foule, des cordons de sécurité, de la petitesse de certaines toiles, il est quasiment impossible de contempler en détail une toile de maître. C’est aujourd’hui possible au musée du Prado, il suffit d’entrer « Prado, Madrid » sur Google Earth, de cliquer ensuite sur l’icône « Obras maestras » et confortablement installer chez soi, on peut passer des heures à apprécier la finesse des détails de chaque toile.
C’est un véritable voyage au cœur du tableau avec une résolution de 14 000 mégapixels. Ce projet montre bien les potentialités qu’offre le numérique et Internet en matière de diffusion de l’art.
Le prochain rendez-vous des mardis de l’innovation aura lieu le 13 janvier 2009 au Cnam de 18h15 à 21h et trairera de “l’innovation dans la culture, l’apport des NTICI“.
Cette séance sera introduite par Jean-Pierre Dalbera, qui a été Chef de la Mission de la Recherche et la Technologie du Ministère de la Culture pendant 15 ans. Il a piloté le plan national de numérisation du patrimoine culturel. Il participe à de nombreux projets internationaux sur les NTICI et leurs applications dans la culture et est aujourd’hui Conseiller Recherche et Technologie pour le futur grand Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM)qui ouvrira en 2011.
Interviendront également Ghislaine Azémard, professeure à l’Université Paris VIII, responsable du Master “Création et Edition Numériques” et cofondatrice du prix Möbius international des multimédias, Louis-Michel Désert, Directeur de la société “C’est nettement mieux” (Agence de création web à qui l’on doit notamment les innovations du site web du grand Versailles numérique), Philippe Fabry, expert multi-media à ODIT-France (Ministère du tourisme) et Emmanuel Guerriero, directeur associé de la société Emissive (spécialisée dans la création d’applications 3D temps réel).
Le monde de la culture, du patrimoine, des arts, de la création est interpellé à la fois par les progrès considérables des nouvelles technologies de l’information, de la communication et de l’intelligence (NTICI) et par l’évolution des attentes de la société dans sa relation à l’art et à la culture.
De multiples possibilités s’offrent, allant des visites virtuelles sur le Web à la modélisation 3D de monuments disparus, en passant par bien d’autres opportunités de maillage créatif des technologies les plus avancées avec l’art et la culture.
Le « National Museum of Crime and Punishment » de Washington a ouvert ses portes en mai 2008. Il propose au public de découvrir l’évolution du crime et des pensées criminelles à travers les âges. Le parcours se déroule de manière chronologique, en commençant par les chevaliers médiévaux et les pirates, en passant par les gangsters de l’Ouest américain pour enfin finir par les criminels qui agissent, de nos jours, en silence, piratant des données informatiques et volant des identités.
Le musée expose sur trois étages environ 400 objets, dont la Ford rouge du plus célèbre braqueur de banques, John Dillinger, ou encore le mythique véhicule criblé de balles de Bonnie and Clyde.
Un étage entier est également consacré aux forces de l’ordre, présentant «les outils» des policiers: des diverses matraques aux tasers.
La grande particularité de ce musée est d’offrir aux visiteurs de nombreuses installations multimédia, dont la plus part sont interactives, les immergeant dans l’ambiance du sujet.
Ainsi, tour à tour, les visiteurs se livrent à l’expérience, de passer au détecteur de mensonge, de s’évader d’une cellule, d’entrer dans la peau d’un suspect et de passer à l’identification, de s’exercer comme un agent du FBI sur un simulateur d’entraînement au tir, de s’essayer à l’ouverture d’un coffre, de pratiquer une autopsie sur un mannequin contusionné, ou encore se livrer à une chasse à l’homme à haute vitesse dans une voiture de police. La liste reste encore longue de toutes les attractions qu’offre ce musée qui multiplie les efforts pour séduire un public qui doit quand même s’acquitter d’un doit d’entrée de 18 $ pour les adultes et 15$ pour les enfants.
Le co-fondateur de ce musée privé, John Morgan, qui possède également les parcs d’attractions WonderWorks en Floride et au Tennessee, a expliqué que l’idée de fonder un musée sur le crime et le châtiment lui est venue, il y a cinq ans, alors qu’il visitait la notoire ex-prison fédérale de l’île d’Alcatraz, dans la baie de San Francisco.
Il voulait raconter l’histoire du crime et du châtiment de la nation américaine.
“Nous, en tant qu’Américains, en tant que peuple, nous avons une très profonde fascination pour le crime et le châtiment, a-t-il raconté. C’est la curiosité. C’est l’inconnu.”
“Je crois qu’à la fin de la journée, les visiteurs comprendront qu’ils doivent être responsables de leurs actions, qu’il y a des conséquences à leurs actions et que le crime ne paie pas”, a-t-il dit. Propos tiré de La Presse Canadienne, 2008.
On ne peut pas encore quantifier et évaluer les retours des visiteurs sur ce nouveau musée mais on peut déjà lire quelques critiques postées sur différents forums et blogs qui qualifient le musée d’amusant car interactif mais à la fois d’effrayant de par la nature des objets exposés (des armes, des effets personnels ayant appartenu à de grands bandits, les listes des châtiments infligés comme le clouage d’oreille, une véritable chaise électrique, une table d’injection mortelle ou encore une chambre à gaz reconstitué…).Les réserves émises proviennent plutôt d’un public d’étrangers. Mais ce qui émerge le plus souvent est le rapprochement fait avec un parc d’attraction.
Visite assistée par ordinateur
Nous sommes donc en droit de poser la question de la sur-technologisation d’un parcours de visite. Il est en effet intéressant de proposer au public des expériences inédites, interactives, où le visiteur ne reste pas qu’un simple spectateur, mais devient « acteur » de sa propre visite. Cependant si la scénographie devient une succession de jeux et de mises en situation, ne doit-on pas craindre une mutation de la notion d’exposition et ne devrions-nous pas parler plus simplement de parc à thèmes ?
Cependant il faut bien noter, qu’il s’agit d’un musée dit de « société » pour lequel l’intention de départ est bien définie par John Morgan :
“Dans la plupart des musées, vous marchez, vous lisez, vous marchez et vous lisez. Ici, vous marchez, vous lisez et vous faites, vous faites et vous faites. Je crois que c’est ce qui nous distinguera des autres attractions.” La Presse Canadienne, 2008
L’immersion et la participation du public sont des notions importantes à appliquer dans un projet d’exposition, tout en gardant à l’esprit que l’on donne avant tout à voir des « objets » ou des « œuvres » en restituant leur histoire, leur contexte d’origine.
Vidéo
Arrivée de la voiture de Bonnie and Clyde au musée
Maja Bajevic est née en 1967 à Sarajevo. Elle vit et travaille à Berlin (Allemagne) et à Paris (France). Maja a participé à de nombreuses expositions internationales importantes, telles que Documenta 12, Kassel en 2007; Airs de Paris, au Centre Georges Pompidou en 2007; à la Biennale de Moscou en 2007; La force de l’Art, au Galeries Nationales du Grand Palais en 2006; les Biennales de Tirana et Sharjah en 2005; celles de Séville et Lodz en 2004; celle de Venise en 2003; et celles d’Istanbul et de Valence en 2001; et Manifesta 3 en 2000.
L’exposition “Quelqu’un veille sur toi” présente des ouvres réalisées entre 2007 et 2008. Avec la quadruple installation vidéo “That Would Be All, Thank You”; vidéo “Spook Words”; installation “The Inter-Machine” et vidéo projections “Space” et “Time”, elle pose la question de savoir si le fait que « quelqu’un veille sur toi » est rassurant ou plutôt
Cette exposition est présentée à la galerie Michel Rein, à Paris du 11 octobre au 15 novembre 2008
Le magasine ELLE a consacré dans son n°3276 du 13 octobre 2008 un article « Internet, la nouvelle libération des femmes » où Michèle Fitoussi parle des Girl’s power, ce réseau de femmes internautes initiée par Natacha Quester-Séméon (http://www.memoirevive.tv) et Tatiana Salomon (http://www.lafemmeauxsemellesdevent.eu).
Ces rencontres sont l’occasion de se retrouver entre femmes et d’aborder de nombreux sujets d’actualité autour des pratiques numériques des femmes, de l’usage des nouvelles technologies et de leur impact sur l’évolution de notre société.
La prochaine réunion du groupe aura lieu mercredi 15 octobre aux Beaux-Arts http://www.ensba.fr/
Vous pourrez suivre les interventions en live sur le blog Mémoires vive.TV http://www.memoirevive.tv
Les objectifs du projet Anthroponet, soutenu par le TGE Adonis et pas la Mission de la Recherche et de la Technologie du ministère de la Culture et de la Communication, sont de fédérer des outils informatiques et des pratiques pour organiser, conserver et diffuser des corpus et des ressources numériques, issus de la recherche en sciences humaines et sociales, en vue de :
valoriser des résultats de la recherche
l’édition électronique et les échanges entre professionnels et amateurs,
la conception et la réalisation de productions numériques multimédias,
la médiation culturelle dans les expositions et les musées de société.
Voir intervention de Jean-Pierre Dalbera et Elisabeth Caillet
Le deuxième séminaire Antroponet s’est tenu les jeudi 9 et vendredi 10 octobre au Muséum d’Histoire Naturelle, sous la thématique : « des outils de diffusion de la recherche ». Ce séminaire a tenté d’analyser les modes de travail des chercheurs et de leurs « médiateurs » en ligne afin de préciser les fonctionnalités à mettre à leur service sur le site d’Anthroponet.
De nombreuses expériences en matière de conception d’expositions virtuelles (le cas du MuCEM avec l’usage des systèmes de gestion de contenus open sources), d’outils d’annotation de séquences vidéos et sonores (le projet Lignes de temps conçu par l’IRI), de connaissance du public (par Jean-François Rebeyrotte), de valorisation des archives sonores (avec le projet Telemeta), ont été présentées pendant la journée de vendredi.
Nous avons également assisté à des présentations de création d’expositions et de mondes virtuels utilisant principalement la 3D Temps réel.
Le projet KidNet, présenté par Stéphane Gaultier de la société 3d2plus, propose un environnement virtuel en full 3D où le public jeune peut visiter une exposition virtuelle, accéder à des sites web afin d’approfondir leurs connaissances, regarder des vidéos, accéder à leur espace personnel « chambre » qui leur permet de publier des informations de la même manière que sur un Blog, discuter (chatter) avec leurs amis et aussi avec des animateurs présents dans ce monde virtuel pour les accompagner.
La technologie utilisée pour la création de cet environnement est Stonetrip http://www.stonetrip.com/
Natacha Quester-Séméon et Jean-Rémi Deleage de la société I-Marginal (société de création de contenus et de contenants : sites Web éducatifs et culturels, blogs, Second Life, podcasts, reportages, réseaux sociaux, consulting…) nous ont présenté une sélection de lieux culturels, de monuments, de musées et d’évènements présents dans Second Life. SL est un univers 3D qui évolue grâce à la contribution de ses résidents. On se rend compte aujourd’hui que de nombreux lieux et évènements culturels sont représentés. La technologie permet notamment de suivre des conférences qui auraient lieu dans le monde réel avec son avatar en simultané dans SL. Voir également l’article précédemment écrit sur les lieux culturels dans Second Life.
Le troisième séminaire sera organisé très bientôt par Elisabeth Caillet du Musée de l’Homme.
Prés de 150 personnes ont participé à l’événement. Nous avons eu le plaisir d’accueillir des personnalités de la Mission Recherche et Technologies du Ministère de la Culture, des collectivités territoriales, des représentants du Conseil Général de la Seine Saint Denis, du Comex, de la Plateforme Arts Sciences et Technologies, des musées du Louvre, du Quai Branly, de Curie, du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, de Monum, du Centre National des Arts Décoratifs. Des écrivains, chercheurs et artistes numériques, responsables multimédia de journaux étaient au rendez-vous. Il y avait aussi des membres d’agences de communication : DDB, Canope, mémoires vives C’est nettement mieux, et de jeunes chefs d’entreprises (d’anciens étudiants) :de Médiacapture, d’Emissive spécialisée en 3D temps réel…..et bien sur de nombreux étudiants, y compris de la promotion 1998 .
Après une rapide présentation de la formation et les remerciements sincères adressés par Ghislaine Azémard auxpersonnalités présentes qui ont fortement contribué à donner à notre formation sa notoriété dans le secteur culturel, scientifique et territorial, Héloica Maugars de la promotion 2003/04 a exposé son parcours, sa participation à la réalisationdu site Marie Curie et son travail chez DDB.Laurence Noël a poursuivi en présentant sa thèse et les conditions d’obtention d’une bourse Cifre avec la société Mondeca
Nous avons poursuivi avec la présentation de quelques travaux de la promotion 2008/09 :My Screen, Trésor de l’enfance, Sinastro, Humbles stories, le clan Bko, Détours dans Paris, Vaux le vicomte, Only groove. Vous trouverez tous les travaux dans le catalogue (format pdf°) certains sont en ligne sur le site de la formation :
Pour ceux qui n’étaient pas présents, ajoutons qu’Hélène Desprez a réalisé de superbes kakémono (panneaux en satin de 2m sur 1m) qui ont mis en avant vos travaux suivant 6 catégories, culture, éducation, civisme, interculturalité, territoire :
Samuel Da Silva a préparé une interface de présentation qui sera bientôt en ligne et qui a permis de faire la démo publique de manière très fluide et très professionnelle.